Rechercher
  • Alexander

La naissance du projet Compoust

A la fin des années 2000, j'ai découvert la pratique du compostage des déchets organiques chez une amie qui m'hébergeait alors, en Belgique. Il s'agissait de la méthode du compostage en tas : les déchets organiques (restes de fruits et légumes, de pâtes, de riz et autres céréales, résidus de tonte et de taille du jardin, etc.) sont amoncelés et progressivement transformés en un compost riche en nutriments que l'on récolte ensuite à maturité pour amender ses plantations.

Compostage en tas dans un conteneur

En l'espèce, son potager donnait des courgettes particulièrement charnues.

Littéralement séduit par ce principe consistant à rendre à la Nature une partie de ce qu'elle produit pour nous nourrir, je m'étais fait la promesse de m'y adonner dans mon propre logement.

En emménageant à Lyon en 2012, je m'intéresse aux différentes méthodes existantes de façon à y recourir sur notre petite terrasse, au 2e étage d'une résidence proche du centre-ville. N'ayant pas de gros moyens financiers, je m'oriente vers la solution la moins chère : un simple bac à déchets opaque. Le hic, selon le vendeur, c'est qu'il faut absolument que ce bac soit posé à même la terre, dans un jardin par exemple, de façon à ce que les lombrics, les principaux acteurs naturels de la décomposition des déchets, jouent pleinement leur rôle. Je l'achète quand même, en me disant que je bricolerai un carré de planches avec une bâche de fond, que je remplirai l'ensemble de terreau en y intégrant des lombrics et que je poserai le bac de compostage dessus.


Cela a donné l'installation suivante, très bricolée, et un peu moche aussi : le bout de palette posé sur la porte supérieure permettait à la retenir en cas de grands vents qui avaient tendance à la soulever et à la faire s'envoler. De surcroît, le tout n'étant pas parfaitement étanche : des filets d'eau terreuse s'écoulait sur les côtés. Ce n'était pas dramatique, car ils gagnaient progressivement l'évacuation des eaux usées.


Au départ, l'espace de terreau sur les côtés n'était pas obstrué par les planches que vous voyez sur la photo ci-après. J'ai installé ces planches de fortune parce que régulièrement des oiseaux, des pies, pour être plus précis, venaient littéralement tout saccager pour aller chercher de la nourriture dans les déchets compostés. Je n'avais bien sûr aucun problème à ce que des pies se nourrissent chez moi, mais elles faisaient pratiquement tout voler en éclats, ce qui était difficilement gérable au quotidien.


Et puis, un jour, dans le petit interstice séparant ces deux planches, une plante a poussé, puisant les nutriments nécessaires à sa croissance dans le terreau directement alimenté par le compost. De mémoire, c'était une pomme de terre, mais je n'avais pas pris de photo. En tout cas, la Nature avait, comme toujours, trouvé un chemin. Pour savoir si c'était propre à cette plante où si d'autres allaient pouvoir en profiter de la même façon, j'ai rempoté, dans l'interstice, un pied de menthe. Celui-ci a bien poussé, et l'idée d'une structure similaire avec quatre côtés avait germé, elle aussi. Pour être honnête, cette idée m'arrangeait bien, puisque je ne parvenais pas à ouvrir la trappe du bas pour récupérer le compost produit, qui descendait en fait dans le terreau lui-même.


L'installation improvisée qui m'a donné l'idée de Compoust : un composteur traditionnel posé sur un carré de planches rempli de terreau.

Pour les lombrics, comme je n'étais pas équipé pour en récupérer dans les terrains de la ville, j'ai simplement acheté une boîte d'une vingtaine de vers destinés à finir en appâts pour la pêche, dans un magasin de pêche à côté de chez moi qui a fermé depuis.

L'installation a été posée en 2013 et, six ans plus tard, l'espèce de lombrics est toujours présente dans mon dispositif : elle y fourmille même. Contrairement à une idée reçu, les lombrics passent en fait l'hiver : ils n'hibernent pas, ils se rassemblent en pelotes dans les endroits les moins froids et leur métabolisme se ralentit. De ce fait, leur action est bien moins vive en hiver, mais les déchets se réduisent tout de même grâce à d'autres phénomènes (dont le dessèchement), même si la vitesse de décomposition est plus grande au printemps et en été quand les organismes vivants sont les plus actifs.

Les lombrics sont la principale espèce animale intervenant dans la décomposition de la matière organique

C'est alors que j'ai commencé à imaginer de premiers croquis, à faire différentes recherches et à peaufiner les fonctions de ce qui allait devenir Compoust : un composteur-jardinière qui permet de transformer ses déchets en biodiversité. Nous le verrons plus tard, ceci n'est pas qu'un simple slogan : grâce aux déchets organiques, les espèces végétales vivent leur belle vie (on cultive à peu près ce qu'on veut, selon les conditions locales, avec une croissance accélérée du fait de la présence directe des nutriments) et les espèces animales foisonnent : lombrics, cloportes, gastéropodes, coléoptères, collemboles, lithobies, mouches-soldats noires, araignées, etc. De même, les oiseaux viennent régulièrement se nourrir d'insectes et récupérer des brindilles.



Dans un prochain article, je développerai le cheminement, les recherches et les échanges qui m'auront amené à la conception particulière de Compoust aujourd'hui, à la fois un produit économique accessible aux particuliers pour protéger concrètement la Nature et une solution adaptable aux structures dont les productions de déchets sont très élevées. Pour en savoir plus sur ce dernier point, jetez un œil à : https://www.compoust.fr/collectivites-et-entreprises.


Naturellement à votre service,


Alexander